Chalarose frêne Bourgogne | symptômes et que faire
La chalarose du frêne est l'une des maladies forestières les plus destructrices observées en Europe depuis les années 1990. En Bourgogne, les frênes des haies bocagères, des ripisylves et des lisières forestières sont aujourd'hui largement exposés à ce champignon pathogène et à ses symptômes.
Identifier les symptômes de la chalarose au bon moment peut faire la différence entre un arbre sauvé par un élagage sanitaire précoce et un arbre condamné à l'abattage. Voici ce qu'il faut savoir pour reconnaître, évaluer et agir face à cette maladie en Bourgogne.
Chalarose frêne Bourgogne | symptômes et que faire
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Qu'est-ce que la chalarose du frêne ?
La chalarose est une maladie causée par un champignon ascomycète appelé Hymenoscyphus fraxineus. Ce pathogène, originaire d'Asie orientale, a été introduit en Europe dans les années 1990, probablement via des plants importés. Il s'attaque principalement au frêne commun (Fraxinus excelsior), l'espèce dominante dans nos haies et forêts bourguignonnes, ainsi qu'au frêne oxyphylle présent dans les zones alluviales.
Le cycle infectieux repose sur une infection ascosporée : les spores du champignon sont libérées par les fructifications présentes sur les feuilles mortes au sol, puis transportées par le vent jusqu'aux feuilles et jeunes pousses des arbres voisins. L'infection se produit principalement entre juin et août, ce qui explique pourquoi les premiers symptômes foliaires apparaissent en plein été. Depuis sa détection en France au début des années 2010, la maladie a progressé de manière continue, et les observations du Département Santé des Forêts (DSF) et de l'INRAE confirment sa présence dans l'ensemble des régions françaises, y compris en Bourgogne-Franche-Comté.
Les symptômes de la chalarose du frêne : comment reconnaître la maladie ?
Les symptômes de la chalarose se manifestent à différentes zones de l'arbre, selon le stade d'avancement de la maladie. Il est utile de les observer méthodiquement, de la cime jusqu'à la base du tronc.
Sur les feuilles et les jeunes pousses
Les premiers signes visibles apparaissent sur le feuillage en cours de saison de végétation, généralement dès le mois de juillet. On observe un flétrissement foliaire, souvent partiel, qui touche d'abord les folioles situées à l'apex des pousses. Ces feuilles brunissent sans tomber immédiatement, donnant à l'arbre un aspect roussi par endroits.
Des nécroses foliaires brunâtres se développent ensuite, parfois accompagnées d'une défoliation précoce dès la mi-août, bien avant la chute naturelle des feuilles en automne. L'apex de pousse nécrosé est un signal d'alerte fort : il indique que le champignon a progressé dans les tissus conducteurs du rameau.
Sur les rameaux et les branches
Dans le houppier, la mortalité de rameaux s'installe progressivement. Les branches de petit diamètre meurent en premier, puis les branches charpentières peuvent être atteintes dans les cas sévères. L'écorce des rameaux touchés présente des nécroses corticales, parfois avec un faciès chancreux caractéristique : l'écorce se creuse, prend une teinte gris-brun et peut se décoller partiellement.

En sectionnant un rameau atteint, on observe une coloration brun-orangé du bois sous-jacent, signe distinctif de l'infection par <em>Hymenoscyphus fraxineus</em>. Le houppier devient progressivement clairsemé, avec des zones entières de rameaux desséchés visibles depuis le sol.
Sur le tronc et le collet
La nécrose au collet est le symptôme le plus grave de la chalarose du frêne. Elle se manifeste par des lésions en boutonnière à la base du tronc, au niveau du collet, là où les racines rejoignent le fût. L'écorce prend une teinte sombre, se ramollit et peut se décoller, révélant des tissus nécrosés en dessous.
Ce stade indique une infection profonde et ancienne, qui compromet gravement la stabilité mécanique de l'arbre. La nécrose corticale au collet est également une porte d'entrée pour des champignons secondaires, notamment l'armillaire (Armillaria sp.), qui accélère encore le dépérissement.
Les stades d'évolution de la chalarose : du symptôme précoce à l'arbre condamné
La chalarose évolue de façon progressive, sur plusieurs saisons. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux stades observés, selon les données du CNPF et de l'INRAE.
Stade | Symptômes visibles | Zone de l'arbre concernée | Niveau de risque |
Stade 1 (précoce) | Flétrissement et nécroses foliaires, apex de pousse nécrosé | Feuilles et jeunes rameaux | Faible à modéré |
Stade 2 (intermédiaire) | Mortalité de rameaux, houppier clairsemé, nécroses corticales | Rameaux et branches secondaires | Modéré à élevé |
Stade 3 (avancé) | Nécrose au collet, décollement d'écorce, présence d'armillaire | Tronc, collet, racines | Élevé, arbre instable |
Stade 4 (terminal) | Dépérissement total, arbre mort sur pied | Arbre entier | Très élevé, abattage nécessaire |
La vitesse de progression dépend de plusieurs facteurs : l'âge de l'arbre, son état sanitaire général, la pression d'inoculum dans l'environnement proche et les conditions climatiques. Les jeunes frênes et les arbres déjà affaiblis par la sécheresse ou d'autres stress évoluent souvent plus rapidement vers les stades terminaux.
Bon à savoir — La défoliation précoce est un signal d'alerte à ne pas confondre avec un stress hydrique classique. Si votre frêne perd ses feuilles avant septembre et présente simultanément des rameaux morts dans le houppier, la chalarose doit être envisagée comme cause probable.
La chalarose du frêne en Bourgogne : une réalité dans les haies et les forêts de Côte-d'Or
Le dépérissement du frêne en Bourgogne touche des contextes très variés. Les haies bocagères de la plaine de la Saône, les ripisylves des bords de l'Ouche et de la Saône, les alignements de frênes en bord de route et les peuplements forestiers de Côte-d'Or sont tous concernés. La DRAAF Bourgogne-Franche-Comté et le DSF assurent un suivi régulier de la progression de la maladie dans la région, en lien avec la plateforme d'épidémiosurveillance ePhytia de l'INRAE.

Pour les propriétaires de jardins ou de terrains en zone semi-rurale autour de Dijon, Genlis, Auxonne, Sombernon ou Saint-Seine-l'Abbaye, la présence de frênes en haie bocagère représente un enjeu concret. Un frêne atteint en stade avancé peut constituer un danger pour les personnes, les bâtiments et les véhicules à proximité, notamment en cas de vent fort. Le CNPF recommande une surveillance sanitaire forestière régulière des peuplements contenant des frênes, avec une attention particulière aux arbres situés en lisière ou à proximité d'habitations.
Important — <em>Hymenoscyphus fraxineus</em> ne figure pas sur la liste des organismes de quarantaine de l'Union européenne, mais sa surveillance est assurée par le réseau national du Département Santé des Forêts. Tout propriétaire forestier peut signaler des observations suspectes via le réseau Observatoire des Forêts Françaises.
Que faire si votre frêne montre des signes de chalarose ?
Face à un frêne malade, plusieurs options existent selon le stade de la maladie et la situation de l'arbre.
Surveillance et diagnostic de votre frêne
La surveillance et le diagnostic de terrain constituent la première étape. Observer l'arbre depuis le sol en été, entre juillet et septembre, est le moment le plus favorable pour repérer les symptômes foliaires et le dessèchement de cime. Un diagnostic de terrain réalisé par un arboriste certifié permet de confirmer l'infection et d'évaluer le stade de progression.
Élagage sanitaire aux stades précoce et intermédiaire
Aux stades précoce et intermédiaire, un élagage sanitaire peut être envisagé : il consiste à supprimer les rameaux et branches morts pour limiter la charge pondérale de l'arbre et réduire les risques mécaniques. Cette intervention ne guérit pas l'arbre, mais elle peut ralentir le dépérissement et prolonger la durée de vie d'un sujet encore structurellement solide. Les résidus de taille doivent être évacués et non compostés sur place, afin de limiter la dispersion des spores.
Abattage sécurisé des frênes très atteints
Aux stades avancé et terminal, notamment lorsque la nécrose au collet est avérée ou que l'arbre présente une instabilité mécanique, l'abattage devient nécessaire. Un frêne mort ou très affaibli par la chalarose peut tomber sans prévenir, surtout si l'armillaire a colonisé les racines. Dans ce cas, l'intervention d'un arboriste grimpeur certifié est indispensable, en particulier pour les arbres situés en zone contrainte (proximité d'habitations, de lignes électriques ou de voies de circulation).
L'équipe de DHN VERT intervient en Côte-d'Or pour le diagnostic, l'élagage sanitaire et l'abattage des frênes atteints de chalarose. Pour les propriétaires de jardins souhaitant un suivi régulier de leurs arbres, notre service d'entretien de jardin couvre également la surveillance sanitaire des sujets présents sur votre terrain.
À quelle période surveiller votre frêne ?
Observation en été
Les symptômes de la chalarose sont les plus visibles entre juillet et septembre, lorsque le feuillage est en place et que les nécroses foliaires contrastent avec les feuilles saines. La défoliation précoce, observable dès la mi-août sur les arbres fortement atteints, est un signal particulièrement lisible depuis le sol.

Contrôles en hiver
En hiver, l'observation des rameaux morts dans le houppier et des nécroses corticales sur les branches reste possible, mais moins évidente sans feuillage de référence. Une inspection annuelle en fin d'été est recommandée pour tout propriétaire ayant des frênes sur son terrain.
Agir face à la chalarose du frêne en Bourgogne
La chalarose du frêne est une maladie irréversible dont la progression peut être rapide. Reconnaître les symptômes tôt, évaluer le stade d'atteinte et prendre une décision adaptée sont les trois réflexes essentiels pour tout propriétaire concerné en Bourgogne. Que vous souhaitiez un diagnostic de terrain, un élagage sanitaire ou un abattage sécurisé, faire appel à un professionnel certifié reste la meilleure garantie de sécurité pour vous et votre environnement.
Protéger vos frênes en Bourgogne : l'essentiel à retenir
En identifiant tôt les symptômes de la chalarose du frêne, en planifiant des interventions adaptées et en vous appuyant sur des professionnels qualifiés, vous limitez les risques pour vos arbres, votre sécurité et votre environnement. Une surveillance régulière et des décisions raisonnées restent les meilleurs atouts pour gérer durablement la chalarose en Bourgogne.
FAQ
La chalarose du frêne est-elle contagieuse pour les autres arbres du jardin ?
Hymenoscyphus fraxineus s'attaque exclusivement aux frênes (Fraxinus excelsior et frêne oxyphylle principalement). Les autres essences présentes dans votre jardin, comme les chênes, érables ou tilleuls, ne sont pas concernées par ce champignon.
Peut-on traiter un frêne atteint de chalarose avec des fongicides ?
Aucun traitement fongicide homologué n'est actuellement disponible pour lutter efficacement contre la chalarose du frêne en conditions forestières ou de jardin. La gestion repose uniquement sur des mesures sylvicoles et arboricoles : élagage sanitaire, abattage et surveillance.
Un frêne atteint de chalarose peut-il se rétablir spontanément ?
Certains frênes présentent une tolérance naturelle à la maladie et peuvent survivre plusieurs années avec des symptômes limités. Cependant, une guérison complète n'est pas observée. La résistance partielle de certains individus est étudiée par l'INRAE dans le cadre de programmes de sélection génétique, mais elle reste aujourd'hui une exception et non une règle.
Faut-il déclarer un frêne atteint de chalarose aux autorités ?
La chalarose du frêne ne fait pas partie des organismes nuisibles réglementés soumis à déclaration obligatoire en France. Toutefois, vous pouvez contribuer à la surveillance nationale en signalant vos observations sur la plateforme ePhytia de l'INRAE ou via le réseau de l'Observatoire des Forêts Françaises.
Que faire des bois et résidus issus d'un frêne abattu pour cause de chalarose ?
Les résidus de taille et les feuilles ne doivent pas être laissés sur place ni compostés au jardin, car les fructifications du champignon persistent sur les débris végétaux et peuvent produire de nouvelles spores. Le broyage en broyat grossier (BRF) ou l'évacuation vers une filière de valorisation adaptée sont préférables. Le bois de tronc, une fois sec, peut être utilisé comme bois de chauffage sans risque particulier.




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